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Xingyiquan - apports de la forme dite 'naturelle" - Certains prétendent donc que seule leur école existe.

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Écrit par Georges Charles   
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Xingyiquan - apports de la forme dite 'naturelle"
Maîtres de la forme
Certains prétendent donc que seule leur école existe.
Wang Xiangzhai
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Certains prétendent donc que seule leur école existe.

Le seul avantage de cette dernière position est de ne pas se poser de question et de refuser de répondre à celles que poseront et se poseront un jour les élèves lorsqu’ils se rendront compte que d’autres pratiquants tout aussi sincères qu’eux et issus du même courant pratiquent des choses différentes.

Certains confondent, ou feignent de confondre, Wang Xiangzhai, comme Ueshiba d’ailleurs, avec un fournisseur de Hamburgers ou de Pizzas qui aurait été capable de former des enseignants reproduisant toujours et indéfiniment la même chose sur toute la planète et sous la même et seule marque franchisée.

Or, le Xingyiquan ou l'Aïkido ce n'est pas une marque de hamburgers ou de pizzas dont on achète la licence de franchise pour revendre, ensuite, un produit calibré aux normes de la maison mère.
Dans le principe de la transmission chaque Enseignant, ou au moins chaque successeur en titre d'un Maître reconnu et présent dans les généalogies se doit d'apporter une pierre, au moins, à l'édifice et ne devrait pas se contenter de dilapider l'héritage peu à peu en l'apauvrissant au cours des années.

Ce serait comme un voyageur de commerce qui, à chaque étape, laisserait quelque chose sur place en oubliant de reconstituer son bagage. Au bout de quelques années il ne lui resterait plus qu'une brosse à dents usée et une paire de chausettes dépareillées.

C'est pour cette raison que, traditionnellement, le nom même de l'école transmise changeait avec le nouveau successeur en titre.

Li Nen Jan (Li Lo Neng) (1842 1919) décida de nommer sa nouvelle Ecole Yiquan (I Chuan) ou "Poing de l'Intention". Ceci pour se différencier du Xingyiquan (Hsing I Chuan) ou "Poing de la Forme et de l'Intention".
Guo Yun Shen (Kuo Yun Shen ou Fo Jun Sha) (1864 1935) qui fut un de ses successeurs nomma la sienne Wuxingquan (Wu Hsing Chuan) ou "Poing des Cinq Formes", en référence aux Cinq Eléments.
Wang Xiangzhai (Wang Hsiang Chai ou Wang Yuseng)(1885 1963) qui fut l'un de ses successeurs créa le Dachengquan (Ta Tcheng Chuan) "Poing du Grand Achèvement".
Kennichi Sawai, qui fut l'un de ses successeurs créa le Taikiken qui est la transcription en japonais du concept de Dachengquan.
Wang Tse Ming (Wang Ziming ou Tai Ming Wong) (1909 2002) qui fut également l'un des successeurs de Wang Xiangzhai créa le Liananquan "Poing des Générations Circulaires".
Et il autorisa Georges Charles (Cha Li Shi) qui fut son successeur à fonder le San Yiquan (San Yi Chuan ou San I Chuan)"Poing des Trois Harmonies" en 1979.
Depuis cette école n'a jamais changé de nom et Georges Charles se nomme toujours Georges Charles bien que le nom porté dans les généalogies chinoises est "Cha Lishi" (Cha Li Chi) ce qui signifie littéralement "celui qui enseigne avec une règle".

pratique1 Voici ce que dit Kongzi (Confucius) dans le "Rituel" (Yili ou I Li) au sujet du nom des Ecoles. Ce principe a été cité par le Maître N'guyen Dan Phu (1911 1995) :

"Le nom d'une Ecole appartient à son fondateur et le nom disparaît avec lui à sa mort. Si un disciple souhaite fonder sa propre Ecole, il ne doit en aucun cas l'utiliser. Eventuellement il peut le garder en partie associé au nouveau nom et ce pour lui rendre hommage".

Malheureusement, contrairement à cette règle établie depuis des millénaires, à partir de 1949, et pour des raisons qui lui étaient personnelles Xang Xiangzhai décida de reprendre le nom de l'Ecole Yiquan qui était celui du Maître de son Maître, donc de Li Nengjan (Li Lo Neng). Il enseigna donc conjointement Yiquan et Dachengquan, ouvrant ainsi la porte à une certaine entropie. Depuis ses divers successeurs ne savent plus trop à quel nom se louer et emploient parfois même les deux termes accolés.

Si on ajoute que le Dachengquan de Wang Xuan Jie représente quant à lui une forme de synthèse personnelle entre Yi quan/dachengquan; Taijiquan et Bagua Zhang on comprendra que la situation est beaucoup moins claire que d'aucuns le prétendent de bonne ou de mauvaise foi.

D’autres, non moins éclairés, feignent de s’étonner que ces différences entre ces enseignements provoquent quelques frictions entre les enseignants et donc entre les pratiquants.
Comme si il n'y avait jamais de frictions entre les successeurs du Maître Ueshiba, tous fondateurs de leurs propres écoles, et leurs multiples disciples. Ceci à tel point que les représentants "officiels", en France, de la maison mère, l'Aïkikai de Tokyo, dirigée par le Petit Fils, Moriteru Ueshiba, ne sont plus japonais ni disciples du Fondateur, mais Français ! Il aurait été étonnant que ce phénomène ne se reproduise pas entre la Chine et la France !

Tout serait évidemment plus simple si tous ces "dissidents" notoires suivaient un seul style et une seule méthode au sein d’une seule école : la leur.
Et d'une seule fédération : celle qui les reconnaît comme pouvant exercer cette exclusivité, moyennant quelque dédommagement.

Lorsque l’on connaît la propension des asiatiques à décerner des diplômes on se doute que les "représentants exclusifs" sont légions. Ils ne sont malheureusement pas tous seuls à proclamer ce fait de retour de voyage, dans les magazines spécialisés, puis à changer de "maison mère" lorsque les "représentants exclusifs" de celle-ci deviennent décidément trop nombreux et trop entreprenants.

Il est un fait : la franchise (franchising) a été créée en Chine plusieurs siècles avant que nous n’imaginions ce système très à la mode depuis à peine une trentaine d’années.

Il suffit de savoir que le Monastère de Shaolin du Honan, le "Premier sous le Ciel" concédait à d’autres monastères le droit de se nommer également "Shaolin" contre des espèces sonnantes et trébuchantes, il y a plus d’un millénaire.
Il exista donc quatre ou cinq monastères de Shaolin en Chine (Fujian, Guangdong) et deux en dehors des frontières un en Corée (Chogye-Chong) et l’autre au Vietnam (Thieu Lâm).

Dans une certaine mesure le monastère japonais de Shorinji (lire Shaolin shi = Monastère de Shaolin ou de la Petite Forêt) fondé par So Doshin reçut l’aval des autorités religieuses chinoises donc l’acceptation contre un don très substantiel qui permit de restaurer le Monastère Chinois du Honan, de se nommer "Shaolin".

Il suffit, dans bien des cas, de passer à la casserole, ou à la caisse, et le tour est joué.

L’autre intérêt, et non des moindres, de la forme naturelle est d’avoir su relier ce courant de pratique aux pratiques de santé et d’éveil tout en conservant, parfois, la pratique de l’art du poing donc du combat.



 
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