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Xingyiquan - apports de la forme dite 'naturelle" - Wang Xiangzhai

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Écrit par Georges Charles   
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Xingyiquan - apports de la forme dite 'naturelle"
Maîtres de la forme
Certains prétendent donc que seule leur école existe.
Wang Xiangzhai
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Wang Xiangzhai

Wang Xiangzhai était lui-même très féru de ces pratiques de "régénération" (Yangsheng Fa = entretien de la vitalité) puisqu’il les pratiquaient personnellement dans la cadre du Daoyin Fa de l’Ecole du Ling Pao Ming.

Cette transmission jugée "ésotérique" datait de Guo Yunshen qui, lui-même, avait été initié par les taoïstes du Mont Wudang et par ceux des Monts du Tigre et du Dragon.

Guo Yunshen expliquait ce fait de la manière suivante : à l’origine il pratiquait le Xingyiquan de forme linéaire avec Li Neng Jan, lors de sa rencontre avec Dong Haiquan (Tung Hai Chuan) du Baguazhang (Pa Kua Chang), rencontre où il n’y eut ni vainqueur ni vaincu, il pratiqua l’art du cercle.

A la suite d’un accident où il tua l’un de ses élèves qui était le fils d’un important personnage il fit trois années de prison et dut pratiquer statiquement.

A la sortie de prison il décida d’aller dans les montagnes rencontrer des Taoïstes afin de se "libérer" et découvrit la pratique de la spontanéité donc les pratiques de l’alchimie interne du Ling Pao Ming (Clarté du Joyau Ecarlate ou Joyau Magique). Il résuma ceci dans la formule :

"Avec Li j’ai étudié l’art de la ligne, Dong m’a fait rentrer dans le cercle, la prison a affermi mon statique (carré) et les Taoïstes m’ont fait découvrir la nature (spontanéité de la nature Ziran)"

Par la suite il transmit cet enseignant à ses disciples dont le fameux Wang Xiangzhai (Wang Hsiang Chai ou Wang Yusen) celui-ci continua donc cet enseignement à la fois très martial, très ésotérique, très taoïste jusqu’au moment où le nouveau régime, parvenu au pouvoir en 1949, jugea ces pratiques comme contre-révolutionnaires. La plupart des enseignants quittèrent la Chine continentale et se réfugièrent à l’étranger.
Wang Xiangzhai fut contraint de rester sur place et de composer avec les circonstances.
Heureusement un ami lui fit rencontrer le Maréchal Zhude (Chu Teh), chef de guerre de Maozedong surnommé "la Vertu Rouge".

Celui-ci avait pratiqué le Taijiquan avec Zhang Qinlin qui était également, dans cette discipline, le maître de Wang Xiangzhai et décida de le prendre sous sa protection.

On prétendait que Maozedong protégeait le Taijiquan car il appréciait cette pratique par conséquence Wang Xiangzhai fut donc protégé par et de Mao grâce à Zhu De.

Ce qui lui permit de continuer à pratiquer et surtout à enseigner sans être inquiété à la seule condition de ne pas trop faire référence aux anciennes traditions et conceptions jugées comme des relents du passé.

Wang Xiangzhai adapta donc sa pratique, son enseignement et son discours aux nouvelles circonstances et put, ainsi, reprendre à son compte la fameuse formule de Deng Xiaoping :

"Peut importe qu’un chat soit noir ou gris, l’important est qu’il attrape des souris".

Il eut en fait assez rapidement plus d’un millier d’élèves et basa le principal de son enseignement sur la pratique de santé, le " Qigong " et la posture " embrasser l’arbre " (Zhan Zhuang).

Mais il ne fut plus question de référence au taoïsme.

Bon nombre de ses disciples furent donc persuadés de pratiquer un simple art de santé et continuèrent à transmettre celui-ci comme une pratique de "Qigong".
Vers la fin de sa vie Wang Xiangzhai jugeant ne plus avoir rien à perdre reprit son enseignement du Xingyiquan donc du Yiquan et du Dachengquan.
Celui-ci était désormais très influencé par la pratique de santé, puisque cette pratique était la seule à être autorisée et favorisée par le régime en place.
chose qui est demeurée chez la plupart de ses disciples d’après 1949.

Certains de ses disciples, au contraire, n'ayant jamais entendu parler de Taoïsme ou de spiritualité et n'ayant aucune préoccupation pour les pratiques de santé, imaginèrent qu'il s'agissait d'un simple sport de combat où l'essentiel était de vaincre autrui et de le crier sur tous les toits.

Dans tous les cas une bonne partie de l'enseignement de Guo Yunshen et de Wang Xiangzhai fut jetée aux oubliettes de l'histoire, elle concerne principalement la transmission des formes énergétiques liées au Ling Pao Ming, donc rattachée au courant des Praticiens du Tao.

Rappelons pour mémoire que cette doctrine, dite "taoïste" en occident, n'était que très peu appréciée des deux régimes de la République Populaire de Chine et de République de Chine (ROC ou Taiwan).
Dans le premier cas il s'agissait d'une doctrine "perverse" opposée aux principes du marxisme-léninisme.
Dans le second, le taoïstes étaient considérés comme des espèces de chamanes-rebouteux et mystificateurs par un régime qui fut institué par Chiang Kai Shek qui était chrétien convaincu et pratiquant !

Jusqu'à une époque très récente ceux qui avaient des affinités avec la doctrine, la philosophie et plus encore la pratique taoïste ne le criaient donc pas sur tous les toits.

Par la suite, chacun enseignants qui pratiquèrent sous la direction de Wang Xiangzhai à un moment ou à un autre, avant 1949 puis après cette date, comme c’est le cas pour Ueshiba, eurent des visions très différentes de sa pratique et de son enseignement. Le fait que Wang Xiangzhai ait pu surnager prouve sa grande capacité d'adaptation. Mais il est fort probable que si il avait survécu après 1963, il aurait néanmoins eu beaucoup de mal à traverser le Révolution Culturelle.

Bien qu’il ne fasse plus référence à ce qui le motiva avant 1949, il continua jusqu’au dernier jours de sa vie à pratiquer de manière très taoïste et finit par emporter une partie de ses secrets dans la tombe.

Wang Tse Ming qui pratiqua dix ans avec lui et le quitta en 1949 pour s'installer en France sous le nom de Tai Ming Wong résume la situation ainsi :

"J’ai été obligé de partir de Chine, il a été contraint d’y rester, nos voies se sont donc séparées à cet instant précis mais nul ne peut nous blâmer car, l’un comme l’autre, avons pu continuer à pratiquer et à transmettre de ce que nous avait enseigné Guo et ses prédécesseurs. C'est cela l’essentiel puisque malgré les travaux la pratique continue".



 
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